Les épines


Le recueil rassemble les textes écrits entre 1972 et 1988
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Antonin Lorran fait de la douleur d’aimer la pierre angulaire de toute sa création poétique et décrète la solitude comme son corollaire inéluctable.
Aimer fait souffrir.
Souffrir fait écrire.

Sa plume, à fleur de peau, revendique un impérieux besoin de souffrance pour libérer tous ses mots et lui permettre d’accomplir son grand œuvre.
Plonger au plus profond du désespoir, explorer l’indicible à même la fibre, dire simplement la douleur de vivre et accepter ce que l’on naît : là est son chemin.

Sa soif inextinguible d’absolu n’a d’égale que la détresse existentielle qu’il nous livre avec une rare justesse et une émotion qui touche, parfois, au sublime; les thèmes d’inspiration sont éternels; l’amour, la perte de l’être aimé, la mort, la solitude.
Mais Antonin Lorran a le pouvoir de réaliser la transmutation de situations banales en événements de portée symbolique.


Le mode d’expression

Antonin Lorran n’appartient à aucune école.
Il est artisan de la douleur et pose chaque pierre de son mal-être avec précision et soin pour bâtir un édifice intemporel.
Sa main n’est que l’outil qui convertit en signes lisibles ses troubles et ses états d’âme.

Sa poésie ne peut être enfermée dans un cadre strict, rigide, rationnel et académique: elle y perdrait sa fraîcheur, sa liberté et son message.  
La forme s’impose à lui d’elle-même (alexandrins, hexamètres ou vers libres) et donne au texte toute l’épaisseur du sens et aux mots leur musique originelle.
Quant au fond, par l’amour qu’il sous-tend, il permet à chacun de s’y reconnaître et de revivre, au hasard des pages, un passé qu’il pensait définitivement enfoui : voilà le paradoxe et ambiguïté du poète qui n’a de cesse d’écrire sa solitude, de vouloir garder siennes ses souffrances (Poésies à soi-même) et de les partager à travers son seul et unique recueil intitulé « Les épines« .